STRATEGIC – Projet

Plan

  • Objectifs du projet
  • Travaux réalisés
  • Scénario de simulation de démonstration
  • Des outils pour expliquer l’enchaînement des actions
  • Des outils pour représenter le contexte tactique
  • Des outils pour l’analyse contrefactuelle

Fiche Technique du projet

  • Dispositif  :   Astrid Maturation
  • Démarrage :  mars 2017
  • Consortium :
  1. Lab-STICC (Laboratoire), Recherche académique, spécialistes en sensemaking au travers d’analyse narrative
  2. François Legras (PME – sous-traitance), Design d’interfaces de visualisation de données
  3. MASA Group (PME – Lead), Connaissance métier, analyse des besoins, simulation dotée d’IA,  modélisation de la décision

Comment aider les formateurs dans leur travail d’analyse après action (3A) ?

Durant un exercice d’évaluation réalisé au moyen d’une ou plusieurs simulations, la totalité des informations sont enregistrées afin d’être en mesure de rejouer et visualiser l’évolution de la situation tactique mais également afin d’en permettre une analyse fine.

Les outils de 3A tels que celui de SWORD proposent des fonctionnalités de visualisation de la situation, d’accélération ou de saut dans le temps, de calculs d’indicateurs détaillés, une timeline des événements et missions passées. Ces fonctionnalités permettent donc aux formateurs qui ont suivi l’exercice de “zoomer” sur une manœuvre précise ou de proposer des retours plus globaux sur les choix des entrainés. Les supports dont il dispose ensuite pour communiquer avec l’entraîné sont généralement des screenshots/vidéos de la situation tactique ainsi que des graphiques.

Le projet STRATEGIC se positionne ici pour instrumenter de façon innovante le travail de la 3A en proposant une analyse automatisée du déroulement de l’exercice fondé sur -une histoire des actions indiquant leurs causalités, modélisée sous forme d’un graphe d’événements. Cette interprétation a pour but de faciliter le choix d’événements déterminants du scénario, de comprendre les conséquences des actions entreprises  et ainsi de faciliter la communication lors de la séance de débriefing. -La génération de vignettes de synthèse de la situation tactique courante, son historique ou une aide à une analyse d’alternatives. Cette analyse apporte une lecture rapide du contexte tactique à un instant T de la session.

Rappel du cadre d’emploi de l’outil

On suppose un exercice d’entraînement ou d’évaluation de PC de brigade.  ❑Rappel sur le rôle de la 3A lors d’un exercice :  Dans le cadre des exercices de poste de commandement de niveaux corps d’armée , division et brigade, la DIREX (Direction de l’exercice) met sur pied une équipe 3A (Analyse après action) dirigée par un officier général. Pendant toute la durée de l’exercice, cette équipe observe et analyse l’organisation et le fonctionnement du poste de commandement, notamment ce qui concerne l’application de la doctrine et les méthodes de raisonnement. A l’issue de l’exercice , un rapport met en évidence les points forts mais surtout les points à améliorer et les enseignements recueillis. L’objectif de l’outil proposé ici est de soutenir le travail des analystes en leur fournissant des supports à la compréhension mais également à l’analyse et à la communication. Plus précisément, le but est de libérer les analystes de taches ancillaires (génération de contenus pédagogiques, généralement sous la forme de power point) pour leur permettre de se concentrer sur l’analyse et le discours pédagogique.

Cadre d’analyse d’une session

Briques fonctionnelles

Quelles données ?

Utilisation de la simulation SWORD/SOULT

  • Use case nominal :  Entraînement des postes de commandement des brigades/divisions de l’armée de Terre au moyen d’une simulation.
  • Particularité:  Les unités simulées sont dotées de comportements ‘crédibles’ en cohérence avec la doctrine militaire. Les unités évoluent dans un environnement simulé opérationnel et remontent automatiquement des comptes-rendus opérationnels.

Mise en œuvre de scénarios complexes et de scénarios unitaires.

Cas d’emploi considéré  Simulation Sword (SOULT)

SWORD/SOULT est utilisé :

  • Au CECPC (Centre d’Entrainement de de Certification des PC) pour l’entrainement et la certification des Brigades et bientôt des Divisions
  • Aux Ecoles Militaires de Saumur sur 2 plateformes pour les formations des officiers et l’entrainement des Régiments, des Brigades et les Universités Interarmes.
  • Aux Ecoles Militaires de Draguignan sur les plateformes de l’Ecole d’Infanterie et de l’Ecole d’Artillerie. Ces deux plateformes ont basculées sur SOULT (SWORD) début 2018 et font depuis 2018 près d’une dizaine d’exercices par an,  de niveau GTIA et Brigades orientés vers l’utilisation de leur Arme.
  • A l‘Ecole du Génie à Angers pour la formation et l’entrainement des officiers du Génie.
  • A l’Ecole des Transmissions à Cesson Sévigné  dans le cadre de la formation (manœuvre GTIA avec SWORD couplé à VBS en mode immersif (casque VR)).
  • Aux écoles Militaires de Bourges (EMB) une utilisation est prévue à compter de 2021 avec utilisation du futur module LOG de SWORD en remplacement de NEMERTES.

Mais aussi :

  • au CSFEE pour le moment sous forme d’étude.
  • par le COM TN (Commandement Théâtre National) dans le cadre de la livraison du module TN de SWORD : premier exercice prévu en fin d’année.
  • la DGA utilise aussi SWORD au CATOD notamment et à la DGA TT à Bourges.
  • par le CDEC dans le cadre des expérimentations doctrinales de SCORPION (prochain exercice fin 2021 au CECPC)

Présentation du scénario de simulation

Mode d’action ami et ennemi

Manœuvre globale

Bilan des pertes

Qu’est ce qu’un graphe narratif?

  • Mise en relation causale d’évènements (Missions, Tirs, Déplacements, Dégâts, Détections) issus de la simulation Exemple : des dégâts sont causés par des tirs (ou des zones minées), un déplacement est la conséquence d’une mission, une détection est provoquée par un déplacement, …
  • But : Proposer un support pour la narration  d’un ensemble d’événements.

Comprendre un graphe narratif : Unité [224]

Contexte tactique Unité [224] à 11h49 (tic 310)

Envie d’en savoir plus ? 

Au Tic 224, le peloton d’éclairage n°221 reçoit la mission d’éclairage de la zone avec 4 objectifs particuliers : les principaux ponts et la ville.
Il répercute cet ordre sur ses patrouilles, en découpant le fuseau en fonction des objectifs et donne donc l’ordre à la patrouille [224] d’éclairer cette zone et en particulier la zone objectif n°3.

Entre les tics 273 et 355, il est pris à parti par un  même ennemi.

Il apparaît que les unités ne disposaient pas de soutien d’unités de combat proches.

Visualisation de la simulation

Autres exemples

Mission Surveiller de l’unité [197]

  • L’unité ALAT [197] reçoit la mission Surveiller au tic 542, au cours de ses déplacements, elle détecte 22 unités ennemies (438,441, 453, 463, 416, 415, 452, 414, 442, 460, 455, 457, 398, 400, 581, 401, 399, 440, 443, 439, 582, 437).
  • Cependant au tic 716, elle est détectée par l’unité [581] Artillerie Sol Air qui lui tire dessus immédiatement et la détruit.
  • Il manquait donc du renseignement terrain car il n’aurait pas dû pénétrer dans cette zone.

Mission Eclairer Unité [219]

  • L’unité ABC [219] reçoit la mission Eclairer au tic 567. Elle se déplace mais est détectée par les unités  [404], [407] et [405] au tic 776. Prise à partie par les unités [407] et [405], elle est détruite au tic 779.
  • Elle a cependant engagé l’unité [407] sans lui faire de dégâts.

Mission Flanc Garder Unité [59]

Pour aller plus loin

Les graphes narratifs peuvent être simples ou beaucoup plus complexes. Ils permettent de :

  • Expliquer le vécu d’une unité,
  • Comprendre le rôle de toutes les unités impliquées dans une phase ou un échange de tir ainsi que leur contexte,
  • Visualiser le rôle des unités dans la manœuvre et d’évaluer leur importance dans le dispositif (une mission peut avoir beaucoup de conséquences ou pas)

Jusqu’ici nous nous sommes concentrés sur les unités de mêlée et plus spécifiquement sur les évènements suivants : mission, tir, mouvement, détection, dégâts

  • Ajouter d’autres types d’unités, de missions et d’événements : logistique, génie, …

Il serait envisageable de :

  • Alerter lors de l’identification d’un enchaînement d’évènements « illogique » indiquant un défaut d’hypothèse
  • Proposer un parcours de graphe interactif pour avoir une vision globale et détaillée. Un algorithme d’apprentissage pourrait ensuite proposer des simplifications automatiques du graphe

Comment décrire le contexte tactique ?

Pour comprendre la situation tactique globale à un instant T, nous proposons des exemples de « vignettes » proposant:

  • Un calcul des capacités des unités sur le terrain en fonction du contexte tactique (ici capacité de détection)
  • Un calcul des principaux effets appliqués sur le terrain en fonction des missions attribuées aux unités (ici effets d’armes de mêlée)
  • Un calcul des rapports de force locaux des unités en fonction de leur connaissance de l’ennemi
  • Un calcul des principales lignes tactiques (FLOT, LC, LOA)
  • Une synthèse de l’historique des tirs reçus et réalisés ainsi que des zones occupées

Capacités des unités sur le terrain : Exemple de la détection

Les capacités de détection d’une unité dépendent de son contexte tactique et géographique

  • Le terrain
  • La vitesse de l’unité
  • La mission de l’unité
  • Eventuellement le degré d’installation de l’unité
  • La direction principale observée

Nous proposons ici 3 portée de détection : la portée de détection(bleu foncée), la portée de reconnaissance (bleu clair), la portée d’identification (blanc)

Ici, nous pouvons apprécier clairement les capacités de détection des hélicoptères pour les missions d’éclairage

Effets appliqués sur le terrain

Chaque mission a un effet principal attendu. Nous avons donc classé les missions selon cet axe. Nous pouvons donc disposer d’une vue tactique basée sur les effets.

Pour cette vignette, nous avons pris le parti d’utiliser la « vue de dieu » : toutes les missions et positions de toutes les unités sont connues.

✔ Evolution de la situation tactique en fonction des effets principaux appliqués sur le terrain par les unités

✔ On voit bien que les bleus ont réussi à contourner les rouges au nord ainsi que là où ils ont été bloqués

Estimation des rapports de force locaux

La simulation calcule, pour chaque unité, une estimation de son rapport de force local, en fonction de sa connaissance de l’ennemi.

Un rapport de force défavorable (inferieur à 3 contre 1) indique un risque élevé concernant le succès de la mission en cours.  A l’opposé un rapport de force favorable indique une forte probabilité que la mission soit un succès

Grâce à ces vignettes , on peut visualiser facilement

  • Quand l’ennemi est détecté
  • L’évolution locale de la manœuvre
  • Les principales zones de combat

Génération automatique de lignes tactiques

Synthèse des positions amies et ennemies:

  • FLOT (Forward Lines of own troops) : position amie la plus avancée
  • LOA (Lines of attack, non-recon) : position des armes de mêlée les plus avancées.
  • LC (Lines of Contact) : ligne de contact
  • Forward Lines of OPFOR : position ennemie connue la plus avancée.

Il est donc possible de tracer automatiquement les lignes tactiques. Cette vignette permet de visualiser d’un coup d’œil l’avancement de la ligne de front et les principales zones géographiques de résistance.

Historique des positions ennemies

  • Également appellé vignette « bave d’escargot », elle propose un historique des positions occupées par les unités.
  • Cette vignette permet d’identifier des zones qui auraient été omises par le dispositif.
  • Plus la couleur est intense , plus récente est la position.
Ici nous pouvons constater que la manœuvre bleue, offensive, entraine beaucoup de déplacements tandis que les unités rouges, en défense ferme, ne bougent pas.

Historique des tirs

Cette vignette indique :

  • Les positions et camps des tirs sources
  • Les positions de destination des tirs
  • Les horaires des tirs

Grâce à cette vignette , il est aisé d’identifier les principale zones d’accrochage ainsi que les périodes concernées.

Il est ensuite possible de consulter un extrait du graphe narratif concernant cette phase du combat ( zone temporelle, zone géographique, unités concernées)

Tirs Rouges sur Bleus
Tirs Bleus sur Rouges

Des outils pour l’analyse contrefactuelle

  • Une fois l’analyse des atouts et faiblesses d’une manœuvre réalisée, il peut être intéressant de réaliser une analyse contrefactuelle.
  • Cette dernière peut-être réalisée par les entrainés, à froid, en utilisant la simulation en réalisant des scénarios alternatifs à partir d’une situation de départ issue de la session.
  • Il est également possible d’outiller la discussion, à chaud, au moyen de vignettes proposant des hypothèses de réflexion

Et si l’unité [XXX] avait été soutenue?

Cette vignette propose un tri des unités en mesure de soutenir une unité bleu, classé par délais

Ce calcul est basé sur la portée de tir des unités mais également sur une prise en compte dynamique du terrain et de l’environnement tactique :

  • Etat des ponts et des routes
  • Zones minées
  • Détections d’ennemis, …

Et si l’unité [XXX] avait été détruite ?

Idem calcul précédent mais sur la position d’une unité ennemie.

Pour aller plus loin : Aide à la décision

  1. Contextualisation automatique l’information

Priorisation de l’information et alerte automatique grâce à un traitement intelligent de l’information. En fonction de son contexte tactique une même information n’aura pas le même sens.

Exemple : Compte-rendu : « Nouvel ennemi détecté position XXX »

  • Zone Noire: Zone à reconnaitre. Toute nouvelle connaissance ennemie est +++
  • Zone Rouge: Zone à conquérir. Une nouvelle connaissance ennemie peut indiquer ou bien un renforcement coté ennemi ou bien que la phase de reconnaissance n’a pas été suffisante. Fort risque de bascule du rapport de force localement.
  • Zone bleue : A contrôler. Aucun nouvel ennemi ne devrait circuler dans cette zone. Cela signifie que de nouveaux ennemis ont pu s’infiltrer. Les unités restées pour contrôler la zone risque d’être en sous-effectif. 
  • Zone verte : Zone sécurisée.  Aucun ennemi ne peut y être.

2. Conséquences opérationnelles des informations

 Alerte automatique si une mission courante (ou prévue) est compromise par l’évolution de la situation tactique.

Exemple : La destruction d’un pont peut compromettre le soutien médical ou nécessite de reconnaitre un nouvel itinéraire logistique